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Plan biodiversité

Qu’il s’agisse de déforestation, d’extinction d’espèces animales, d’agriculture, d’approvisionnement alimentaire responsable, la biodiversité se trouve aujourd’hui au cœur de nombreux débats. C’est un enjeu essentiel du développement durable. Elle concerne de nombreux pans de nos formations, de la recherche et tout projet en lien avec elle suscite un engouement de la part de notre communauté.

La biodiversité ne s’arrête pas aux frontières de nos campus et ne peut être gérée sans la participation de nombreuses parties prenantes notamment nos voisins. Elle est aussi clairement identifiée comme priorité tant au niveau municipal qu’au niveau provincial.

La biodiversité fait partie intégrante des activités de l’Université.

POURQUOI UN PLAN DE BIODIVERSITÉ ?

Un constat alarmant

Selon l’Analyse des Écosystèmes pour le Millénaire (MEA, 2005), 60% des services gratuits rendus par la nature, telle la filtration de l’eau, sont en train d’être dégradés ou utilisés de façons non durables. De plus, le nombre d’espèces sur terre est en déclin. En effet, depuis les dernières années les hommes ont augmenté le rythme d’extinction des espèces par 1000 par rapport au rythme observé sur l’histoire de la planète. À cela s’ajoute ou se combine une pression intense par l’homme. À titre d’exemple, entre 1960 et 2000, la production alimentaire a été multipliée par 2,5 et la consommation d’eau par 2. La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) nous rappelle d’ailleurs l’interconnectivité de ces nombreux problèmes environnementaux. En effet, la CDB annonce que «  l’agriculture de la Terre est en train de disparaître à un rythme alarmant, mettant en péril la durabilité des services fournis par les écosystèmes et l’agriculture, et leur capacité à s’adapter à conditions changeantes ».

À l’heure actuelle, l’état de la biodiversité à l’échelle mondiale est menacé, le Vème  Rapport sur les changements climatiques proposés par le GIEC (IPCC, 2014) nous rappelle l’importance d’agir dès maintenant, nous présentant à quel point la technologie actuelle nous permet d’être de plus en plus précis dans nos modélisations climatiques. L’alarme est tirée depuis longtemps et le message est clair, c’est à l’échelle municipale que les actions doivent être prises. C’est d’ailleurs la transmission de ce message que l’ICLEI (l’Association internationale des gouvernements locaux ou métropolitains dédié au DD) s’est donné pour mission, encourageant chaque ville participante à mettre en œuvre une stratégie et un plan d’action local sur la biodiversité. Cet objectif a également été rappelé dans les objectifs d’Aichi (Objectif 14) : «  D’ici 2020 au plus tard, les gouvernements, les entreprises et les parties prenantes, à tous les niveaux, ont pris des mesures ou ont appliqués des plans pour assurer une production et une consommation durables, et ont maintenu les incidences de l’utilisation des ressources naturelles dans des limites écologiques sûres ».

Montréal, est la ville hôte du Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique, Montréal s’est jointe au projet LAB sur la biodiversité de l’ICLEI en 2010, et a reçu, en 2013, le colloque international sur la biodiversité urbaine, il est clair qu’au dépôt de leur Rapport sur la biodiversité (2013), notre métropole a un désir réel de faire sa part. En tant que ville de savoir, une part de ses actions reviendra à ses institutions, en particuliers celles se trouvant sur l’une des plus belles sources de biodiversité de la ville, le mont Royal.

Une approche universitaire

Depuis toujours, l’UdeM est source de progrès et contribue à la résolution des différents enjeux rencontrés par la société et la biodiversité est l’un d’eux.

Le mont Royal est indissociable de l'histoire de Montréal et de l'Université de Montréal qui porte fièrement son nom au-delà des frontières. Notre campus est composé à 60 % d'espaces verts et abrite tout un écosystème que l'Université s'est engagée à protéger. Voilà pourquoi nous envisageons notre développement en harmonie avec les conditions géophysique de la métropole. Et nous faisons nôtres les principes de développement durable qui guident la gestion des grands projets dans notre société.
L'Université travaille non seulement à la préservation du mont Royal, mais aussi à sa mise en valeur. En 2009, nous avons cédé à la Ville de Montréal un terrain de 13,5 hectares en vue d'aménager un nouveau parc public sur le versant nord de la montagne. Le parc du Troisième sommet offrira aux Montréalais une vue imprenable sur les contreforts des Laurentides. En participant à la création de ce parc, l'Université démontre avec force son attachement au mont Royal, sa résidence depuis près de sept décennies. [1]

 

En 2011 nous avons inauguré le centre sur la biodiversité en partenariat avec la Ville de Montréal. La biodiversité est plus que jamais au cœur de nos préoccupations. Nous voulons aller encore plus loin en présentant le plan pour la biodiversité de l’UdeM, document qui constitue une première approche universitaire dans la métropole québécoise favorisant tant le maintien de la biodiversité que la sensibilisation du grand public autour de ses enjeux

Il est de notre devoir de protéger notre bien commun afin de ne pas laisser un lourd et triste héritage aux générations qui nous succèderons. Comment justifierons-nous à nos enfants la disparition des chauves-souris, le silence des amphibiens dans nos mares ou encore l’absence de pollinisateurs dans nos forêts?

L’Université de Montréal souhaite rehausser et maintenir la biodiversité du flanc Nord du mont Royal Pour mener à bien une pareille entreprise, l’Université de Montréal adopte un Plan pour la Biodiversité 2012-2020 en neufs points.

[1] Rapport du recteur, Université de Montréal, 2010

1- Améliorer l’état de nos boisés et favoriser la dissémination de leur richesse écologique

1-1 Renforcement des zones déjà riches en biodiversité afin de les préserver mais aussi pour qu’elles deviennent des puits de biodiversité c'est-à-dire qu’elles aident à peupler les zones  moins riches situées à proximité

1-2 Participation à l’établissement de corridors écologiques c’est à dire de milieux naturels  continus ou intermittents, aménagés entre des zones d’importance au niveau de la biodiversité afin de permettre un meilleur passage des organismes vivants

1-3 Réaménagement de l’habitat d’espèces indigènes, que ce soit par le maintien d’habitats naturels ou encore l’aménagement d’abris, de nichoirs et des plantations d’arbres

1-4 Aide au maintien de la flore locale en fermant les sentiers illicites : Les sentiers parcourant les peuplements du boisé du campus sont le résultat d’un développement aléatoire et anarchique, qui, au final, endommagent grandement le sol

1-5 Lutte contre les espèces envahissantes

2- Participer activement au développement du Parc du 3ème sommet

2-1 Participation aux forums, comités de travail et autres événements en partenariat avec les divers intervenants (Ville de Montréal, Ministères, Amis de la montagne, SOCENV, autres parties prenantes)

2-2 Réalisation de projets communs avec d’autres acteurs du mont Royal

3- Assurer la réalisation d’inventaires et de suivis des espèces présentes

3-1 Mise à jour des inventaires existant

3-1 Réalisation de nouveaux inventaires

4- Favoriser le développement de projets forêt/ville nourricières

4-1 Développement de l’agriculture urbaine en impliquant la communauté universitaire

4-2 Renforcement du rôle nourricier de nos boisés, c’est-à-dire favoriser l’implantation d’espèces indigènes comestibles ou à propriétés médicinales

4-3 Contribution au développement de corridors écologiques, reliant le mont Royal à d’autres espaces verts d’envergure

5- Être proactif sur le plan de la gestion des eaux pluviales

5-1 Mise en place de mesures de rétention des eaux pluviales afin de réduire la pression sur les systèmes de drainage de la ville lors de fortes précipitations

5-2 Création d’habitats aquatiques (milieux humides)

6- Établir un plan de gestion des espaces verts pour les différents campus

6-1 Élaboration d’un plan de gestion des espaces verts pour les campus de la Montagne et de St-Hyacinthe

7- Intégrer au patrimoine bâti des dispositifs favorisant la biodiversité

7-1 Installation de nichoirs et d’abris

7-2 Réduction des îlots de chaleur

7-3 Plantation de plantes grimpantes

8- Mobiliser et sensibiliser la communauté autour de la biodiversité

8-1 Création d’une importante force bénévole

8-2 Réalisation d’ateliers éducatifs grands publics, écoles primaires et camps de jour

8-3 Développer des partenariats avec les acteurs du milieu (Amis de la montagne, Biodôme, Espace pour la Vie, Éco-Quartier, Table Jeunesse, organisme communautaires et environnementaux et bien d’autres

8-4 Installation de panneaux informatifs

8-5 Développement d'outils d'interprétation de la nature (trousses)

8-6 Création d'un parcours pédestre identifiant les espèces végétales remarquables

8-7 Accessibilité aisée à l’information sur notre biodiversité par le biais d’un site web et de différents rapports

Une diversité étonnante

La complexité du système socio-écologique qu’est le mont Royal ne s’est pas construite en un jour. En effet, pour bien saisir les modifications qu’a connues ce paysage au fil du temps, un bref historique du site a été réalisé.

La forêt du campus de l’Université de Montréal couvre une superficie variant selon les études de 15, 15,6 ou 16 hectares selon les diverses sources (Thiffault, 2003; Boivin et al., 2005; Pinna, 2005). De celle-ci 13,44 hectares ont été mis sous la tutelle de la ville par un bail emphytéotique signé en 2011, dont l’objectif est d’en améliorer l’accès et rehausser la biodiversité. Cet emphytéote sera valide pour 50 ans. Malgré ce transfert la forêt du campus demeure mosaïque où se juxtaposent forêts centenaires, jeunes forêts de succession colonisant les sites perturbés et espaces semi-naturels, également appelé « arbres sur gazon » (Boivin et al., 2005). Il est possible de trouver davantage d’information sur ces espaces naturels et semi-naturels du campus dans l’étude du même nom réalisée par Boivin et al. (juillet 2003). Ce milieu naturel recèle de nombreuses surprises, pour la grande partie rendue accessible grâce au 5 358 m de sentiers qui le traverse (Boivin et al., 2003).

À l’époque, les boisés de l’UdeM constituaient une zone continue et homogène entre le sommet Outremont et le boulevard Édouard-Montpetit (Thiffault, 2003). Suite aux nombreuses perturbations, le paysage s’est grandement modifié. Désormais, cette continuité a cédé sa place à une suite de peuplements différents. L’étude de Boivin et al. (2005) a identifié ces principaux peuplements constituant le campus et à développer un outil d’évaluation afin d’exposer visuellement leur valeur écologique respective. Cette division servira de base et de point de repère à l’avenir pour divers inventaires. Pinna et al.(2008) a d’ailleurs vérifié la pertinence de cet outil d’évaluation de la valeur écologique des sites lors de son inventaire des coléoptères, les lépidoptères (papillons) et autres insectes et invertébrés.

Avant l’urbanisation du site et la destruction du paysage, il semblerait que, selon Bruce Trigger, historien renommé en ethnohistoire, les boisés du campus, d’une grande richesse, servaient de refuges et d’habitats à de nombreux animaux. On y retrouvait des castors, des chevreuils et même des ours avant le développement de la ville au nord du mont Royal. Dans ses écrits, il va même jusqu’à dénoncer l’aménagement du tremplin de ski comme étant la raison de la perte du faisan sur le mont Royal. Bien que la taille des boisés de l’Université ne couvrent plus la même superficie qu’il y a un siècle, la qualité et la diversité de ces derniers offrent encore un logis à de nombreuses espèces animales, végétales et fongiques.

Comme le souligne Thiffaut en 2003 dans son rapport produit pour le Ministère de l’environnement du Québec: « Les peuplements forestiers classés d’ « intérêts écologiques » correspondent aux peuplements matures et aux peuplements considérés rares sur le territoire de Montréal »C’est le cas des chênaies, car nous les trouvons uniquement sur le mont Royal. Ces peuplements sont caractéristiques des conditions extrêmes que l’on retrouve dans les Montérégiennes, soit des milieux bien drainés, plus exposés au vent et avec une température moyenne annuelle un peu inférieure au niveau de la plaine. Les chênaies rouges dominent largement et occupent presque tous les espaces boisés sur le flanc nord-ouest, matures et centenaires (Boivin et al., 2005) ».

Historique

Fondée en 1878, l’UdeM, avec ses deux écoles affiliées, est aujourd’hui la plus importante université au Québec et la deuxième au Canada. Depuis l’inauguration du Pavillon Roger-Gaudry en 1943, c’est trente-sept immeubles, pavillons de recherche et d’enseignement, édifices administratifs et résidences étudiantes qui ont été acquis ou bâtis.

En 1921, la Ville de Montréal modifiait sa charte pour être autorisée à faire don à l’Université de Montréald’un terrain n’excédant pas 60 arpents en périphérie. En 1922, la Ville cède à l’Université de Montréal deux terrains sur le flanc nord du mont Royal afin qu’elle y implante son campus. Un de ces terrains était une enclave du parc Jeanne-Mance et l’autre, une carrière désaffectée aux confins de la paroisse Côte-des-Neiges. Le campus de l’Université s’est développé progressivement, en suivant le plan conçu par l’architecte Ernest Cormier. Le pavillon Roger-Gaudry est inauguré en 1943.

À l’est du campus, derrière le bâtiment du CEPSUM, la forte dénivellation du site a permis d’exploiter, de 1944 à 1981, une piste de ski alpin. Les poteaux de la remontée mécanique s’y trouvent d’ailleurs toujours. Une partie du terrain cédé à la Ville pour la création d’un parc a servi de dépôt à neige, puis, de site technique, où a été remblayé le roc excavé lors de la construction des plus récents pavillons, au début des années 2000.

Le 9 mars 2005, en vertu de la loi sur les biens culturels et par le biais du décret de l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal, le gouvernement du Québec accorde un double statut de protection au mont Royal en le déclarant premier Arrondissement historique et naturel du Québec. Cette double désignation permet la protection et favorise un développement harmonieux de cet ensemble unique. Le territoire protégé touche quatre arrondissements de Montréal- Ville-Marie, Le-Plateau-Mont-Royal, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Outremont et la ville de Westmount. Il inclut les trois sommets du mont Royal et les grandes institutions religieuses et éducatives, les cimetières et plusieurs monuments et sites historiques qui ont marqué le développement de la montagne.

En 2008, l’UdeM signe le pacte patrimonial du mont Royal dans lequel les partenaires s'engagent à préserver le mont Royal pour les générations actuelles et futures.

En 2009, l’Université de Montréal, la Ville de Montréal et le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges se sont associées pour créer un tout nouveau parc qui protégera et rendra accessible le sommet Outremont du mont Royal. Cette réalisation est rendue possible grâce à la mise en commun de 23 hectares de terrains appartenant à l’Université et au Cimetière, sur le flanc nord du mont Royal.

Pour sa part, L'Université cède à la Ville de Montréal un terrain de près de 13,5 hectares afin de permettre l'aménagement d'un nouveau parc sur le mont Royal. L'espace cédé pour une période de 50 ans par bail emphytéotique est situé entre l'École polytechnique, la Faculté de musique et le cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Il inclut donc l'ancienne piste de ski et l'ancien dépôt à neige de l'UdeM. Le legs de l'UdeM est dans la logique des choses puisque l'Université a accepté de cesser son expansion sur la montagne, d'où la réalisation du campus Outremont pour répondre à son besoin d'espace

2010 création du Vice-rectorat aux affaires étudiantes et développement durable et adhésion au plan d’action en développement durable de la communauté montréalaise

2011 Inauguration du centre sur la biodiversité  premiers projets d’agriculture urbaine et installation de cinq ruches

2013 Consolidation du noyau primaire du boisé sur Édouard-Montpetit et installation de nichoirs à merlebleus, d’un abri à chauve-souris et plusieurs oasis à pollinisateurs indigènes voient le jour ainsi que des nichoirs pour les abriter.

Cartographie des sentiers

Carte des sentiers de l'UdeM