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Heather Braiden: pour des constructions respectueuses des populations et des paysages

La nouvelle enseignante en architecture de paysage Heather Braiden s’intéresse à la façon dont on tient compte de l’environnement et des humains quand on construit bâtiments et structures.

S’inspirer du passé pour mieux concevoir l’avenir. Voilà ce qui motive Heather Braiden dans ses projets de recherche qui portent sur le contexte postindustriel et la façon d’améliorer la configuration des terrains contaminés, des installations vieillissantes ou encore du patrimoine industriel.

La nouvelle enseignante de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal s’intéresse plus particulièrement aux phénomènes naturels ainsi qu’aux interventions et technologies humaines qui façonnent, puis recréent le paysage.

«La compréhension des sols contaminés et des pratiques industrielles nous renseigne sur la manière dont on peut envisager des projets d’infrastructures vertes et de restauration écologique dans des endroits tels que les étangs bitumineux de Sydney au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, ou encore les mines d’amiante de Thetford Mines, au Québec», illustre Heather Braiden.

Les récits de paysage

Sa thèse de doctorat effectuée à l’Université McGill porte sur l’élaboration de récits de paysage à partir de la culture matérielle et visuelle de l’édification de ponts à Montréal de 1854 à 1930.

Ainsi, Mme Braiden a scruté la documentation qui a été produite à l’époque en vue de la construction des ponts Victoria et Jacques-Cartier et a découvert que les aléas des saisons ont été largement pris en compte avant d’ériger ces deux structures.

«Tant les écrits que les images et les graphiques qui ont été produits alors nous aident à comprendre que les auteurs ont tenu compte de l’ensemble du paysage environnant, explique la professeure. Par exemple, il est fascinant de constater à quel point les architectes et ingénieurs avaient étudié de quelle façon la glace se forme sur le fleuve Saint-Laurent afin d’en tenir compte dans leurs plans de façon à s’assurer de la durabilité de leurs ouvrages.»

Un parcours de globetrotteuse

C’est en faisant du bénévolat en Amérique du Sud qu’Heather Braiden a mesuré l’importance de l’urbanisme et de l’architecture de paysage. C’était en 1999 et elle venait de terminer son baccalauréat en études environnementales et en planification urbaine et régionale à l’Université de Waterloo, en Ontario: elle est donc partie à Guyana pour aider une communauté à construire un pont dans une forêt.

«J’ai alors compris que les règlements en urbanisme permettent de façonner non seulement les paysages, mais aussi les constructions de façon qu’elles soient durables», se souvient-elle.

Désireuse d’entreprendre des études supérieures, elle hésite d’abord entre l’urbanisme et l’architecture de paysage, puis arrête son choix sur la deuxième: «Je me suis rendu compte que j’avais une attirance particulière pour la compréhension des habitudes sociales et des processus écologiques dans la construction d’installations comme de bâtiments et l’architecture de paysage comblait mes aspirations», poursuit Mme Braiden.

Après avoir obtenu un diplôme en gestion de la construction au George Brown College en 2001, puis une maîtrise en architecture de paysage à l’Université de Toronto en 2005, elle est embauchée par un bureau d’architectes à Dublin, où elle travaille pendant deux ans.

Mais la crise économique de 2008 oblige son employeur – comme des milliers d’autres entreprises dans le monde – à effectuer des mises à pied… Heather Braiden devient alors chargée de cours à la University College Cork, dans le sud de l’Irlande, où elle se découvre une passion pour l’enseignement.

L’année suivante, elle revient au Canada et devient assistante de cours à l’Université McGill. L’expérience qu’elle y acquiert lui permet de partir, en 2015, à l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse. En plus d’assumer des charges de cours, de conseiller des étudiants de premier cycle et d’agir à titre de présidente du comité des groupes de travail de son département, elle prend en charge la coordination du projet de création du tout premier programme de baccalauréat en architecture de paysage à l’est de Montréal!

«Je suis particulièrement fière d’avoir mené ce projet à terme et qu’il soit fin prêt à être présenté au conseil de la faculté et, je le souhaite, au sénat de l’Université Dalhousie», confie Heather Braiden.

Mais ce n’est pas tout: elle avait entrepris en parallèle son projet de thèse à l’Université McGill et, dans les semaines à venir, elle sera officiellement docteure en architecture!

Une professeure engagée

Arrivée à Montréal à la mi-août, Mme Braiden souhaite partager avec ses étudiantes et étudiants l’importance d’avoir une vision globale lorsque vient le moment de repenser le paysage de lieux d’où l’on a extrait des ressources, telles les carrières, les mines ou les forêts qui ont subi des coupes à blanc.

«On commence à peine à enseigner l’architecture de paysage en fonction des changements climatiques qu’on observe depuis quelques années et il importe de faire avancer la recherche pour assurer des méthodes de construction durables pour le futur», affirme celle qui est mère d’un garçon de deux ans.

Très engagée auprès de ses étudiants et étudiantes dans des projets de recherche liés aux valeurs d’équité et d’inclusion visant l’égalité des chances dans le domaine de l’architecture de paysage ainsi que l’écoute des communautés concernées par la construction d’installations ou d'habitations, Heather Braiden a cofondé Land│Terre Design. Ce réseau national de recherche en architecture de paysage a pour mission de promouvoir la recherche axée sur l’architecture de paysage en lien avec les changements climatiques, les questions autochtones et le patrimoine industriel.

«Je désire accentuer la visibilité et la portée de ce réseau en établissant des synergies avec les groupes de recherche de l’UdeM», conclut Mme Braiden.